La soirée s’annonçait dense, avec notamment le débat sur les orientations budgétaires de la ville pour 2011 et 47 points à l’ordre du jour.

    Brouhaha en Conseil municipal. Vous avez dit démocratie ? Avant même que ne commence le conseil municipal, Madame Voynet est interpellée par les minorités pour suspendre la séance. Il s’agit de laisser la parole à l’association de défense des centres municipaux de santé souhaitant s’exprimer sur la fermeture prochaine du centre de santé Voltaire. C’était la 2ème fois en 2 mois que l’association demandait la parole en conseil municipal, et c’était aussi la 2ème fois que la municipalité disait ne pas avoir reçu la demande. Pourtant l’ensemble des présidents de groupe des minorités et de l’opposition avaient,eux, bien reçu ce courrier…

    Comme toute suspension de séance est de droit dès qu’elle est demandée par un président de groupe politique au Conseil municipal, elle fut donc accordée. Contrainte, Madame Voynet accorda généreusement 5 minutes aux élus des minorités et de l’opposition pour aller rencontrer les membres de l’association. Alors que la présidente de l’association était en train de conclure son intervention, Madame Voynet en grande démocrate, a réouvert la séance du Conseil… alors même qu’il manquait 22 conseillers municipaux (sur 53) autour de la table. La majorité municipale commença ainsi à adopter ses délibérations, seule. Sans nous. Protestations, cris, intervention de la sécurité… Dominique Voynet ouvrait ainsi le Conseil dans une ambiance tendue !

    Que va-t-on faire en 2011 avec l’argent de la hausse des impôts ? Rien. La soirée fut longue, et l’intervention laborieuse de l’adjoint à la culture qui présentait le budget de la ville (cherchez l’erreur… à quoi sert donc le conseiller municipal délégué aux finances ?) n’a pas contribué à dynamiser l’atmosphère. Se contentant de lire mot à mot la note d’orientation budgétaire, il donnait l’impression curieuse de ne pas croire lui-même au texte qu’il semblait découvrir. Malaise sur tous les bancs du Conseil, agacement visible de la maire… Il faut dire que les grandes tirades vides de sens peinaient à convaincre que la municipalité avait pris la mesure de la crise économique qui frappe les Montreuillois. Aucune priorité politique claire, quelques mesurettes cosmétiques, voilà qui résume le projet politique de cette majorité pour l’année prochaine. Peu de choses voire rien du tout sur la culture, la jeunesse, les retraités, l’éducation. Les associations sont quant à elles invitées à partager ce qu’elles ont, au nom de la responsabilité. C’est certainement au nom de cette même responsabilité que Madame Voynet confirmait dans ce document budgétaire le lancement de son projet pharaonique de parc aquatique écologique de plein air (estimé à 15 millions d’euros).

    Dissensions dans la majorité et recul du service public communal. Les autres délibérations soumises au Conseil ce soir-là ont porté sur les logements sociaux, la communauté d’agglomération Est Ensemble, les projets d’urbanisme, le cinéma Méliès, etc. A chaque fois, il a été pointé le manque de concertation, la faible information diffusée à la population, l’incapacité totale de la municipalité à dialoguer avec ses agents. Depuis l’éjection des élus RSM de la majorité municipale en février dernier, on lisait sur certains blogs que la nouvelle majorité débarrassée de sa sensibilité socialiste, serait désormais homogène et que le travail de cette nouvelle équipe « très, mais alors vraiment très très unie » gagnerait en sérénité. A regarder les votes divergents de ses élus (dont celui de son Premier adjoint) sur quelques délibérations, on a pu constater jeudi soir que la cohésion de l’équipe était surtout de façade et que des conflits entre les uns et les autres commençaient à se faire jour.

    La question du cimetière fut également abordée. La mairie décide de dessaisir les services municipaux de son entretien pour confier cette tâche à une association d’insertion. On peut se féliciter que la ville décide de faire travailler des structures d’insertion, mais faut-il le faire au détriment du service public ?

    Pollueur-payeur, mais pollueur-payé. A propos de la station service Shell de La Noue, nous nous sommes étonnés qu’une ville écologiste renonce au principe du « pollueur payeur », en acceptant d’assumer à la place de cette station-service les frais de dépollution du site. Madame Voynet a d’abord démenti. Mais nous lui avons alors fait la lecture d’un article du dernier Tous Montreuil , qui relatait dans le détail les modalités de cette transaction. La réponse fut sans appel, le journaliste a raconté n’importe quoi. Silence gêné sur les bancs du Conseil municipal. Mais on vit quand même la maire et son cabinet s’agiter pour tenter de proposer une autre réponse, quelque chose qui soit un peu plus…responsable. Celle-ci nous fut apportée un peu plus tard dans la soirée, mais elle demeure peu convaincante : comme la ville a acheté le terrain moins cher que n’en voulait la station Shell, la transaction a été possible parce que la ville a finalement accepté d’assumer les frais de dépollution. Ce serait donc finalement une supposée « bonne affaire ». Pour résumer, ce que la ville a gagné en veillant à faire valoir ses justes droits dans la négociation – ce qui est le minimum pour toute négociation – , elle l’a ensuite reversé en acceptant de payer la dépollution ! Ainsi, ce qui est gagné d’une main est redonné de l’autre et il faut s’asseoir sur un élément fondamental du parti écologiste (pollueur-payeur)… Edifiant !

    Quels seront les commerces dans le futur coeur de ville ? Mise à part l’annonce de l’ouverture de Carrefour Market (annoncée il y a déjà plusieurs mois), la municipalité n’a pas été en mesure de nous éclairer précisément, justifiant son embarras par le fait que tout cela était long, compliqué. Pourtant nous avions de notre côté – et nous ne sommes pas les seuls – entendu parler de l’arrivée de Mc Donald’s, de Paul, et du fleuriste Happy, sans savoir pour autant quel était le niveau de concertation entre la mairie et les commerçants du centre ville, afin d’éviter que le nouveau centre commercial ne vienne vider de leurs clients les commerces du centre ville. Il nous faudra donc patienter encore pour avoir une réponse précise. Qu’y a-t-il donc à cacher pour éviter d’éclairer les Montreuillois sur les qualités futures du grand chantier en cours ?

    L’accueil de familles Roms à la maison de quartier Marcel Cachin. En octobre dernier, nous avions demandé à l’élu aux associations et à la démocratie locale des informations relatives à la maison de quartier Marcel Cachin, actuellement mise à disposition des quelques familles Roms qui ont été expulsées du squat Wilson. Les associations et services municipaux (personnes âgées, ateliers culturels, aide aux devoirs…) qui tenaient leurs activités dans ce centre avaient dû se redéployer ailleurs dans la ville. En octobre, cet élu nous avait expliqué que les associations pourraient de nouveau utiliser ce local, « après la Toussaint ». La situation n’ayant pas évolué après cette date, nous avons demandé quel était le nouvel échéancier. Il nous a été dit que les solutions étaient entrain d’être trouvées et que les usagers de la maison de quartier pourraient de nouveau s’y retrouver à la fin novembre.

    Le marché de la Croix-de-Chavaux, avec ou sans voitures ? Nous avons également interrogé la majorité sur la halle du marché de la Croix-de-Chavaux. Nous avons constaté en effet que depuis quelques jours, les Montreuillois s’étaient appropriés de nouveau cet espace pour y stationner, en dehors des jours de marché. Mais comme la mairie avait décidé sans concertation que cet espace ne serait plus un parking après la rénovation, nous avons demandé si sa position avait changé, ce dont nous nous serions réjouis. En effet, supprimer prés de 100 places à proximité immédiate des commerces du centre ville nous semble être un choix dangereux pour l’activité économique de la ville. Mais la mairie n’a pas évolué, elle a juste été prise de cours par les automobilistes montreuillois.

    Madame Voynet, faisant toujours dans la mesure, ajouta même qu’elle ne comptait pas mettre une place de parking sous les fenêtres de chacun des Montreuillois de la Croix-de-Chavaux. Des plots ont donc été installés pour s’assurer que le stationnement y sera désormais impossible. La ville défend son projet, car il faut, nous explique le conseiller municipal délégué aux commerces, « réduire la place de la voiture en ville ». Madame Voynet allant jusqu’à expliquer qu’il n’était pas admissible d’avoir un tel espace de stationnement gratuit en centre ville, oubliant au passage que le stationnement était en réalité payant sous la halle ! Et d’essayer de nous rassurer en nous expliquant qu’ici où là, des places de stationnement ont été libérées aux alentours et que d’autres le seront dans les mois à venir. Réduire la place de la voiture en ville, pourquoi pas, mais encore faut-il permettre aux Montreuillois de pouvoir alors circuler autrement. Or, on sait que la Mairie ne fera rien en la matière, elle a d’ailleurs renoncé à la navette inter-quartiers. Les habitants du haut Montreuil devront donc utiliser les rares bus bondés, ou le laborieux système véli-velo qui peine à s’imposer… à moins qu’ils ne finissent par aller faire leurs courses ailleurs.

    Quant aux « projets » sur lesquels travaille la ville pour occuper la halle en dehors des jours de marché, on reste encore dans le flou. Il pourrait y avoir des cours de relaxation, d’arts martiaux, des tournois d’échecs, etc. Evidemment pas un mot sur le modèle économique qui en découlerait : avec le stationnement payant sous la halle, cet endroit était une source de revenus pour la Ville. Désormais, avec les nouvelles activités, la ville renonce à plusieurs dizaines de milliers d’euros chaque année, mais ne devra-t-elle pas aussi assumer financièrement le coût des nouvelles activités qu’elle compte y implanter ?

    Les autres points abordés lors du Conseil municipal d’octobre

    - Logement social à Montreuil : petits arrangements ou méconnaissance de la ville ?

    - Les choix budgétaires de la municipalité pour 2011 : aucune priorité ! (prochainement)

     

     

    Categories: Conseil municipal

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